Login

Maîtriser le risque grippal en élevage porcin : l’approche globale indispensable

La grippe porcine se manifeste principalement par de la fièvre, un abattement de l’animal et des troubles respiratoires.

Une enquête de 2022 a révélé que près de 90 % des élevages du nord-ouest de la France étaient exposés à la grippe porcine. Face à cette forte prévalence et au risque élevé de persistance du virus, l’action est de mise. La lutte repose sur un triptyque incontournable : la biosécurité externe, la biosécurité interne et la vaccination.

Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.

La grippe se manifeste principalement par de la fièvre, un abattement de l’animal et des troubles respiratoires. Sans co-infections, les signes cliniques aigus régressent spontanément en 5 à 7 jours. Cependant, le virus fragilise les animaux et ouvre la voie à des surinfections bactériennes graves (Streptococoques, Glaesserella).

Le virus étant excrété pendant les 7 jours suivant l'apparition des symptômes, il est crucial d'alerter votre vétérinaire dès les premiers signes. Le diagnostic de certitude repose sur la détection du virus dans les sécrétions oro-nasales ou respiratoires.

Biosécurité externe : bloquer l'entrée du virus

Le premier rempart consiste à empêcher l’introduction du virus dans l'exploitation :

Que faire si le virus est déjà présent ?

En l'absence d'antiviraux homologués pour le porc, des traitements symptomatiques peuvent être mis en place rapidement pour limiter l'impact clinique. Pour agir sur la fièvre et l'abattement, associez aux traitements anti-inflammatoires prescrits par votre vétérinaire un rationnement alimentaire des animaux. Si des germes opportunistes apparaissent, des actions curatives et préventives ciblées permettront de maîtriser les co-infections.

Biosécurité interne : casser la diffusion du virus

Le virus persiste dans l’élevage car il trouve toujours des porcs naïfs à infecter (naissances, pertes d’immunité, introduction d’animaux). Pour rompre cette chaîne de transmission, appliquez les mesures zootechniques inspirées des principes de François Madec :

  1. Réduire la pression infectieuse : Pratiquez scrupuleusement le « tout-plein — tout-vide » des salles, accompagné d'un nettoyage, d'une désinfection et d'un vide sanitaire rigoureux des locaux.
  2. Limiter au maximum les mélanges : Privilégiez les petites cases avec des cloisons pleines. Limitez les adoptions en maternité à moins de 15 % et interdisez les mélanges entre bandes.
  3. Assurer le confort des porcs : Respectez les densités recommandées, adaptez le confort thermique selon l'âge et veillez à la qualité de l'air (faible taux de poussières, NH3, CO2) en évitant le recyclage de l'air vicié.

La vaccination : un pilier de la prévention

La vaccination des reproducteurs les protège des signes cliniques généraux et respiratoires mais également des troubles de la reproduction associés. Sous réserve d’une bonne prise colostrale, elle minimise les signes cliniques chez leurs porcelets jusqu’à 5 semaines de vie. Elle réduit également la charge virale pulmonaire et donc l’excrétion virale.
Le chiffre : pour un élevage de 250 truies, une année de vaccination se "rentabilise" en évitant moins de 3 avortements.
Le choix du ou des vaccins et du schéma vaccinal (truies et/ou porcs en croissance) doit se faire avec votre vétérinaire selon le sous-type viral identifié et le contexte clinique de l’élevage.
En conclusion, si le respect strict de ces mesures ne garantit pas une protection absolue, seule une approche globale et coordonnée
avec votre vétérinaire permettra de de réduire l’impact de la grippe durablement dans votre élevage.

A découvrir également

Voir la version complète
Gérer mon consentement